La relation directe de l'homme à Dieu par le Coran et la liberté religieuse va amener une multiplication des tendances religieuses. L'absence de clergé permet l'existence de différentes normes juridiques, et différentes écoles religieuses. À la mort du prophète, des différences religieuses importantes et la conquête arabe fulgurante provoquent des rivalités politiques. Beaucoup de questions sur la liberté de l'homme, le péché, la foi, etc. conduisent à la constitution de théologies musulmanes qui essayent de donner des réponses aux questions et aux problèmes non détaillés par les textes divins, et de faire face aux défis de la vie humaine.
Les croyants se partagent en trois branches :
*le sunnisme de Sunna, « la tradition ». Les gens de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah, ce sont les 'Ach^arites et les Matouridites
Le sunnisme se divise lui-même en différentes écoles juridiques. Il y en a aujourd'hui quatre, mais il y en a eu d'autres dans le passé. Ces écoles s'acceptent les unes les autres, organisant ainsi un relatif pluralisme en matière de normes juriques mais ont une foi commune. Ce sont, dans l'ordre de leur apparition :
*le hanafisme ( de Abû Hanifâ, 700-767) ;
*le malékisme (de Malîk Ibn Anas qui vécu entre 712 et 796) ;
*le shafi'isme, ou shaféisme, ou Chaafisme, (de Al-Shafi'i 768-820) ;
*le hanbalisme (de Ibn Hanbal, 781-856) ;
On dit Ahlou s-Sounnah par opposition aux différents groupes égarés se réclamant de l'islam. Bien que le nombre de tous les groupes égarés soit grand, soixante-douze groupes, ils restent à eux tous une minorité par rapport à Ahlou s-Sounnah.
*le chiisme, lui même divisé en différentes branches, dont les trois principales sont :
*le chiisme duodécimain (90 % des chiites) que l'on peut séparer en deux grands groupes, les "orthodoxes", tels les usuli (clergé d'ayatollah, la plus répandue), akhbari, shayki, et les "hétérodoxes" extrémistes, tels les alaouites ou "Nusayri" de Syrie, les alévis de Turquie, les Ahl-e Haqq d'Iran et Irak, les Shabak, Kakai, Kirklar etc.;
*le chiisme septimain (ou ismaélien) ;
*le zaydisme du Yemen ;
*les druzes de Syrie / Israël / Liban ;
*le kharidjisme (beaucoup moins répandu que le sunnisme et le chiisme) ;
*Les sunnites ou Les gens de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah représentent environs 90 % des musulmans, les chiites environs 10 %. Le kharidjisme moins de 1 %.
On peut aussi citer pour mémoire un quatrième courant, qui s'est éteint au moyen-age, le motazilisme. Cette école interprétative rationaliste, en conflit avec le sunnisme naissant, est apparu à la fin du califat Omeyyade, au milieu du VIIIe siècle, et a été éradiqué au XIe siècle par le sunnisme, en particulier par les acharites (disciples de al-Ach'ari 873-935). Cette école, dont des textes ont été redécouverts au XIXe siècle, connaît une petite résurgence depuis cette date chez certains intellectuels, mais sans base populaire notable.
nota : Le wahhabisme, une version particulièrement rigoriste s'appuie sur l'école hanbalite et se revendique comme orthodoxie, concept qui n'existe pas en islam du fait des diverses écoles interprétatives citées ci-dessus, comme du fait qu'aucun magistère n'est institué pour le faire respecter. À ce titre, le wahhabisme et son proche cousin, le salafisme considèrent que les autres écoles sunites doivent à terme s'unifier en se ralliant à leur interprétation. Il s'agit là d'une rupture avec la tradition pluraliste des interprétations du sunnisme, qui entraîne parfois des conflits avec ces écoles.
Enfin, l'islam est traversé de nombreux courants de spiritualité mystique, comme le soufisme ou tassawuf. Au départ, ces confréries sont d'origine chiites mais le principe s'en répand dans le sunnisme.
Une théologie populaire s'est aussi développée dans le maraboutisme, lequel pratique le culte des saints.